Allégations vertes interdites 2026 : ce que ça change pour votre marque
« Green », « éco-responsable », « climat neutre ». Vous les avez peut-être déjà écrits sur votre page produit, dans votre bio Instagram, ou sur un packaging validé il y a deux ans.
À partir du 27 septembre 2026, ces mots-là ne suffisent plus.
Une directive européenne transposée en droit français vient fermer la porte aux formules vagues, aux logos maison qui font semblant, et aux promesses climatiques qu’on ne peut pas prouver. Pour les marques bien-être, cosmétique et compléments alimentaires, ce n’est pas un détail de communication. C’est un chantier qui touche le site, les fiches produit et le packaging, en même temps.
Ce qui change vraiment le 27 septembre 2026
La France n’a pas attendu 2026 pour encadrer les allégations environnementales. Depuis la loi Climat et résilience de 2021, le greenwashing est déjà une pratique commerciale trompeuse, sanctionnée pénalement. Ce qui arrive cette année, c’est un texte européen : la directive (UE) 2024/825, qu’on appelle ECGT ou EmpCo (Empowering Consumers for the Green Transition).

Cette directive vient préciser noir sur blanc ce qui devient interdit, sans qu’un juge ait besoin de démontrer qu’un client précis a été trompé. Elle s’applique à toute entreprise qui vend à des consommateurs dans l’Union européenne, quelle que soit sa taille. Une solopreneure qui vend des compléments alimentaires depuis sa cuisine est concernée exactement comme un grand groupe cosmétique.
Trois catégories de pratiques basculent officiellement dans l’illégalité.
Les mots vagues sans preuve deviennent interdits
« Green », « éco-responsable », « climat neutre », « respectueux de l’environnement ». Ce sont des allégations génériques : elles suggèrent un bénéfice environnemental sans jamais dire lequel, ni sur quel périmètre.
Sauf que la loi ne demande plus juste de faire attention. Elle interdit ces formules quand elles ne s’appuient pas sur une performance environnementale reconnue et démontrable. Un « produit éco-responsable » sans étude d’impact, sans bilan carbone, sans donnée vérifiable derrière : c’est exactement le genre de phrase visée.
La neutralité carbone par compensation est particulièrement ciblée. Depuis 2023 déjà, l’affirmer sans bilan carbone actualisé, sans trajectoire de réduction et sans détail des projets de compensation expose à une amende. La nouvelle directive va plus loin : la compensation carbone seule ne pourra plus justifier une allégation de neutralité.
Les petits logos maison ne rassurent plus personne, aux yeux de la loi
Vous connaissez le principe. Un petit badge vert dessiné en interne, une feuille stylisée sur le packaging, une mention « Nature » en toutes lettres sur l’étiquette. Ça rassure visuellement, sans jamais avoir été vérifié par personne d’autre que la marque elle-même.
C’est précisément ce que la directive vient fermer. Un label de durabilité doit désormais reposer sur un système de certification, avec une vérification par un organisme tiers indépendant. Un logo inventé en interne, aussi joli soit-il, n’a plus aucune valeur légale s’il n’est adossé à rien.
Seuls les labels certifiés officiels restent autorisés
Et c’est là que ça devient concret pour votre catalogue produit. Cosmébio, Ecocert, AB, Nature et Progrès : ces labels restent valables parce qu’ils s’appuient sur un cahier des charges public et un contrôle indépendant. Un pictogramme créé en interne pour « faire label », non.
La même logique s’applique aux promesses futures. Annoncer un objectif climatique pour 2030 sans plan mesurable, sans ressources allouées et sans vérification régulière par un tiers devient une allégation trompeuse, même si l’intention derrière est sincère.

L’amende n’est pas symbolique
Le greenwashing est une infraction pénale au titre de l’article L.132-2 du Code de la consommation, avec une peine pouvant atteindre deux ans d’emprisonnement et 300 000€ d’amende pour une personne physique, 1,5 million pour une personne morale.
Ce montant peut être porté à 10 % du chiffre d’affaires moyen annuel de l’entreprise, ou jusqu’à 80 % des dépenses publicitaires liées à la pratique en cause, quand l’infraction repose sur une allégation environnementale. C’est un taux spécifiquement durci pour ce type de dossier, plus élevé que pour une pratique commerciale trompeuse classique.
Et depuis mai 2024, quand l’allégation trompeuse est diffusée en ligne, sur un site, une fiche produit ou un réseau social, les peines montent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 750 000€ d’amende. La DGCCRF a déjà contrôlé plus de 3 000 établissements sur 2023-2024, et les canaux digitaux sont scrutés au même titre que les grandes campagnes nationales.
Laissez-moi être directe : ce n’est pas une question de gros budget publicitaire. Un simple encart sur une fiche produit WooCommerce ou Shopify entre dans le champ de contrôle.

Pourquoi c’est un chantier de fond, pas une retouche de texte
Pour une marque de compléments alimentaires, de cosmétique ou de bien-être, la difficulté, c’est que les allégations environnementales sont rarement centralisées à un seul endroit. Elles sont éparpillées : dans le hero de la homepage, dans chaque fiche produit, sur le packaging physique, dans les mentions légales, parfois même dans le nom d’une gamme.
Bonne nouvelle : vous n’avez pas besoin de tout réécrire d’un coup. Mais vous avez besoin d’un inventaire complet avant de retoucher quoi que ce soit, parce qu’une correction partielle laisse toujours une formule vague qui traîne quelque part.
Concrètement, un audit de conformité passe par trois zones.
Le site. Chaque page produit, chaque argument de vente qui mentionne l’environnement, la nature, le climat ou une composition « propre ». Chaque mention doit pouvoir s’appuyer sur une preuve accessible, un certificat, une donnée, ou disparaître.
Les fiches produit. C’est souvent là que se logent les formules les plus dangereuses, parce qu’elles sont rédigées vite, produit par produit, sans relecture croisée. Une mention « flacon éco-conçu » sans précision sur le pourcentage de matière recyclée, par exemple, est exactement le type d’allégation que la loi vise.
Le packaging. C’est le terrain le plus coûteux à corriger, parce qu’un packaging déjà imprimé ne se change pas en un clic. C’est aussi la raison pour laquelle il vaut mieux commencer l’audit maintenant, avant le prochain réassort.

Par où commencer, concrètement
Trois étapes suffisent pour prendre de l’avance plutôt que de subir un contrôle.
D’abord, faites l’inventaire de toutes vos allégations environnementales, sur le site et sur le packaging. Notez chacune, avec la page ou le produit concerné.
Ensuite, pour chaque allégation, posez-vous une seule question : est-ce que je peux la justifier avec un document, un certificat ou une donnée chiffrée ? Si la réponse est non, la formule doit être reformulée ou retirée.
Enfin, remplacez le vague par le précis. Au lieu de « emballage éco-responsable », écrivez ce que vous savez démontrer : « flacon composé à 30 % de plastique recyclé, certifié [nom du certificat] ». C’est moins joli sur le papier, mais c’est ce que la loi demande, et c’est souvent ce qui inspire le plus confiance à une lectrice qui a déjà été échaudée par des marques qui promettaient beaucoup et prouvaient peu.
Si votre site a été construit il y a plusieurs années, l’occasion est aussi bonne pour revoir votre identité visuelle et la cohérence de vos labels, et vérifier que votre structure de site permet de documenter chaque allégation sans surcharger vos pages. Pour les marques qui vendent des compléments alimentaires, ce chantier recoupe d’ailleurs largement ce qu’on avait détaillé dans notre guide de lancement d’une marque de compléments alimentaires, où les enjeux réglementaires se cumulent déjà. Et si vous vendez en ligne plus largement, ça vaut le coup de relire notre article sur comment vendre ses produits en ligne pour vous assurer que votre structure de fiches produit permet ce niveau de précision sans devenir illisible.
FAQ
Est-ce que je risque quelque chose si mon chiffre d’affaires est petit ?
Oui. La directive ne prévoit aucun seuil de taille ni de chiffre d’affaires. Une petite marque est concernée exactement comme un grand groupe, dès qu’elle communique sur l’environnement auprès de consommateurs.
Un label que j’ai créé moi-même pour mon packaging est-il totalement interdit ?
Pas interdit en soi, mais il ne peut plus jouer le rôle d’un label de durabilité s’il n’est pas adossé à une certification vérifiée par un tiers indépendant. Un pictogramme maison peut rester décoratif, à condition de ne suggérer aucune garantie environnementale qu’il ne peut pas prouver.
Est-ce que je peux encore parler de neutralité carbone ?
Uniquement si vous pouvez la justifier par un bilan carbone actualisé, une trajectoire de réduction mesurable et le détail de vos actions, pas par la seule compensation carbone. La compensation seule ne suffit plus à justifier une allégation de neutralité.
La loi française est-elle déjà en vigueur, ou dois-je attendre le 27 septembre ?
Le socle français (pratique commerciale trompeuse, article L.132-2) s’applique déjà, indépendamment de la directive européenne. Attendre le 27 septembre pour agir n’est donc pas prudent : le risque existe dès aujourd’hui.
Par quoi commencer si je n’ai jamais fait cet audit ?
Par un inventaire complet de toutes les mentions environnementales sur votre site et votre packaging, produit par produit. C’est souvent ce diagnostic initial qui révèle l’ampleur réelle du chantier.
Si vous ne savez pas par où commencer
Un audit de conformité, ça se fait à tête reposée, avec un regard extérieur qui repère ce que vous ne voyez plus après des mois à rédiger vos propres fiches produit. Réservez un audit Prisméa : 45 minutes pour voir clair sur ce qui doit changer sur votre site, avant que quelqu’un d’autre s’en charge à votre place.






